« Chaque Génération est porteuse … »

 « Chaque Génération est porteuse de nouveaux combats » (Daniel Cordier, secrétaire de Jean Moulin et compagnon de la libération)

Qui sont ces nouveaux entrepreneurs qui réussissent en 2015 ? Leurs motivations sont-elles différentes de celles de la génération du siècle dernier ? L’hyper connexion de la société et son internationalisation accompagnent-elles un changement radical dans la manière de faire du business et de manager ? Analyse d’une petite révolution française, dont certains aspects restent encore à accompagner.

​Professeur d’entrepreneuriat à EMLYON et lui-même créateur d’une entreprise à tout juste 20 ans, Philippe Silberzahn est un observateur bienveillant et critique de la jeune génération des entrepreneurs qui explosent aujourd’hui. Pour lui, la France vit une révolution ; elle est submergée par une lame de fond puissante, sur laquelle surfent des patrons new look et décomplexés. “On peut lier cette tendance à un développement de l’individualisme, à un rejet des carrières classiques, à une utopie de liberté ou à une difficulté à cohabiter au sein des entreprises anciennes restées lentes, explique-t-il. Mais l’on ne peut pas nier sa réalité. Aujourd’hui, l’environnement est favorable au développement de startups de croissance : les outils d’accompagnement sont matures, les capitaux risqueurs plus nombreux. Les professionnels – avocats, experts-comptables, investisseurs… – bien au fait des réalités entrepreneuriales et les risques en termes de responsabilités individuelles sont moindres”. Bien visible sur les bancs des universités et des grandes écoles, ce bouillonnement créatif se vit à peu près à tous les âges et dans tous les secteurs. De nouveaux leviers permettent à des milliers de chefs d’entreprise de pérenniser ou de bâtir des projets prospères : l’accès à l’export, l’intégration de matières premières innovantes, la collaboration industrielle, l’émergence de labels made in France, le travail en réseaux…

Nous aurons la société que nous méritons, intervient Franck Dunière, cofondateur de la société IPLine en 2004 et président du Cercle Pépites regroupant des entreprises locales dites à fort potentiel de croissance. La crise, on ne veut plus en entendre parler ; beaucoup de dirigeants ont intégré une prise de risque permanente à leur modèle. Ils veulent construire une société différente, donc ils trouvent des solutions. Ils sont à la fois hyper connectés, à 100 % tournés vers leurs marchés et leurs clients et bienveillants avec leurs collaborateurs”. Attachés à la qualité de leur environnement – via des locaux spacieux, clairs, dotés d’espaces de détente et d’un immanquable jeu de fléchettes – les patrons de l’ère 2015 révèlent en effet plusieurs points communs : ils sont encadrés, car ils partagent souvent le capital de l’entreprise avec d’autres associés, et plutôt modestes, donc très à l’écoute car ne prétendant pas tout savoir. “Nous ne sommes pas des dirigeants Goldorak, géants et tout puissants, poursuit Franck Dunière. La monopensée d’un dirigeant unique n’existe plus. Nous nous sommes reconfigurés en mêlée : sur un terrain difficile, on joue en équipe”.

L’idée selon laquelle ils envisagent tous de vendre leur entreprise dans des délais courts pour faire une culbute financière est en revanche plutôt à rejeter. “Les motivations de base sont rarement financières, assure Philippe Silberzahn. Elles procèdent prioritairement du plaisir de créer, de développer et de vivre une aventure. Les nouveaux patrons sont aussi matures, travailleurs, motivés et compétents que les précédents. Ils ont en revanche besoin de faire un job qui revêt un sens pour eux ; ce qui par ricochet les oriente davantage vers le secteur des services. La culture web a hélas un peu ringardisé l’industrie ; il convient d’aider la représentation de l’entrepreneuriat à sortir du seul modèle Facebook ou Blablacar”.

Autre point de blocage : la capacité de ces entreprises à muter en ETI. Nombre d’entre elles n’atteignent jamais leur taille critique, soit qu’elles rechignent à embaucher, soit qu’elles ne trouvent pas les financements nécessaires ou qu’elles peinent à l’international. “Autant le bouillonnement entrepreneurial est réel, poursuit le professeur d’EMLYON. Autant l’étape de la croissance reste compliquée. Cela tient aux contraintes de la réglementation française mais aussi aux verrous posés au plus haut niveau face au développement de certaines startups. La mutation risque d’être un peu rugueuse mais il me semble que des blocages doivent sauter si nous voulons voir s’exprimer le dynamisme dont bruisse notre pays en ce moment”.

Comment font les nouveaux entrepreneurs qui cartonnent ?

Grégory Giovannone, Monsieur cent mille tours

“Accompagner et préparer le jeune dirigeant à une croissance rapide de son entreprise est l’un des axes forts de la CCI, tant via notre offre Nouveaux entrepreneurs que nos programmes Pépites ou Novacité ! ”

Philippe Valentin, vice-président de la CCI en charge de l’Industrie (Groupe Valentin)

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